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Les revenus des ménages sont ressortis à un niveau bien plus élevé qu'attendu en mai aux USA. Le marché attendait + 0,3 % après + 0,7 % en avril (révisé de + 0,5 %) La progression s'élève à + 1,4 % sur un mois. En terme de dépenses, la hausse est conforme aux attentes à + 0,3 % après une stabilité enregistrée le mois précédent. Ces chiffres mettent en lumière le différentiel important entre l'évolution des revenus et des dépenses. En variation annuelle, les dépenses de consommation qui alimentent 70 % de l'activité économique continuent à chuter alors que les revenus ne font qu'au mieux stagner.
Au lieu d'être consommé, les ménages ont épargné ce supplément de revenu. La tendance à épargner pour faire face à la crise passe un cap très important en mai. Le taux d'épargne des ménages (2nd graphique) explose à la hausse et rompt une tendance très lourde vieille de 30 ans au bout de laquelle l'épargne avait disparu au profit d'un recours au crédit quasi généralisé dans la population avant le déclenchement de la crise. Source : Fed Voilà une confirmation que nous attendions (Taux d'épargne US : une amélioration en trompe l'oeil *) et qui porte en elle des inquiétudes à court et moyen terme. Certes, une à 2 confirmations ces prochains mois sont encore à attendre dans le cas où mai ne serait qu'un cas sporadique mais il s'agit là déjà d'un évènement. Une petite révolution. Les comportements sont très importants en économie. L'effet des plans de relance est donc bel et bien visible dans les revenus mais au lieu de les dépenser les américains ont préféré visiblement les épargner. Plus globalement tous les efforts pour restaurer les marchés du crédit et faire redémarrer la croissance sur ces bases tombent quelque peu à l'eau vis à vis d'une population qui ne semble plus aussi encline à solliciter ce type de financements. Sain pour l'économie à long terme, une telle évolution est problématique pour les prochains mois en terme de consommation et de croissance du PIB. Si on pose le raisonnement non plus via le taux d'épargne mais en monnaies sonnantes et trébuchantes, l'évolution est encore plus saisissante. Entre les 2 extrêmes à moins de 5 ans d'intervalle, on note ainsi un différentiel de 1 000 milliards $. C'est en fait l'équivalent d'un 13 ème mois qui disparaît pour l'économie américaine et qui n'irrigue plus l'économie au quotidien (à titre de comparaison extérieure, ce différentiel entre la phase de pic du boom du crédit et le mois dernier correspond à un peu plus de 2 fois le PIB d'un pays comme la Suède en 2007) Nous y reviendrons plus en détail ultérieurement mais si on ajoute à ces revenus épargnés, la baisse du recours au crédit classique plus la chute du recours au crédit hypothécaire (les américains ayant la possibilité d'extraire des sommes via emprunt en fonction de la valeur de leur habitation) la masse financière totale présente dans l'économie est considérablement réduite et même les sommes gigantesques des plans de relance ne suffisent pas à compenser la perte de cette manne antérieure qui se déversait des années durant. Plus favorable et paradoxalement, cette épargne permet au gouvernement américain (si la tendance se confirme) d'être un peu moins dépendant vis à vis des financements extérieurs (les ménages représentent d'ailleurs selon les informations divulguées ici le 15 juin une bonne part des apporteurs de fonds au Gouvernement - dernier graphique : part en bleu "household") En terme de moral, les consommateurs continuent selon l'indice de l'Université du Michigan à progresser. Il ressort à 70,8 contre 69 attendu et 68,7 précédemment mais toujours sur des niveaux historiques faibles. Ambiance du jour ? Sans direction. Qui va tirer la consommation maintenant ? Le CAC cède - 1,04 % à 3 129,73 points et le Dow Jones - 0,40 % à 8 439,39. * Article lié : Radiographie des taux d'épargne des ménages
La production dans la zone euro avait déçu vendredi 12 juin avec un repli de -1,9 % en avril sur un mois mais jusqu'ici les entrées de commandes dans l'industrie s'était stabilisée laissant augurer d'une suite plus favorable. Une confirmation était attendue via des chiffres 'réels' et non plus au travers des indicateurs avancés d'activité se basant sur des enquêtes (PMI / Zone euro : les indicateurs d'activité toujours contrastés ) et ce, dans un contexte où les taux d'utilisation des capacités de production sont faibles un peu partout sur la planète (ci-dessous en %) Cet espoir a été douché ce matin par l'annonce d'une baisse de - 1 % sur un mois en avril des commandes dans l'Euroland après - 0,2 % en mars (-1,1 % en Allemagne après + 3,3 % en mars mais + 0,5 % en France contre - 2,1 %) La variation annuelle reprise dans le graphe ci-dessous reprend donc le chemin de la baisse (- 39,5 % en Allemagne, - 30,9 % en France et - 35,5 en moyenne dans la zone) Source : Eurostat Les bourses en Europe ont eu une entame de séance très négative dans le sillage de Wall Street et peu soutenues par la nouvelle. L'ensemble des gains d'hier ont été reperdus avant de se redresser grâce à la meilleure orientation de Wall Street et à une révision à la hausse du PIB américain pour le 1er trimestre. Le chiffre définitif est en effet ressorti à -5,5 % contre - 5,7 % à la précédente estimation et - 6,1 % pour les résultats préliminaires. Ceci à comparer avec une chute de - 6,3 % au 4 ème trimestre 2008. La fin de séance à New York a été marquée par un rebond que n'est pas venu ternir comme hier soir le patron de la Fed qui témoignait devant une Commission du Congrès sur le très controversé épisode du rachat de Merrill Lynch par Bank of Americaà l'automne dernier. La très forte demande pour une émission d'obligations du Trésor à 7 ans pour 27 milliards $ a enfin dissipé les quelques doutes qui avaient vu le jour lundi sur le sujet. Le Dow Jones s'octroie un gain de + 2,08 % à 8 472,40 points, proche de son sommet du jour. Le CAC 40 rend - 0,68 % seulement à 3 163,10 points.
Les commandes de biens durables aux USA ont progressé de + 1,8 % en mai sur un mois comme en avril contre un chiffre attendu en baisse aux alentours de - 1%. En rythme annuel, le creux devient donc plus consistant. Le marché a fortement apprécié cette bonne nouvelle permettant au CAC 40 de gagner + 2,18 % à 3 184,76 points. La bourse de Francfort prend + 2,74 % rebondissant fortement à partir de sa moyenne mobile à 200 jours. * Cet engouement haussier n'a été que très brièvement douché par la statistique suivante sur les ventes de logements dans le neuf, assez décevante. En effet, attendues en hausse de 3,6 %, les ventes de mai s'effritent à nouveau de - 0,6 % sur un mois et le chiffre d'avril a également été révisé à la baisse à hauteur de 2,3 %. En variation annuelle il s'agit d'une chute de - 32,8 %. Le prix médian remonte à 221 600 $ contre 212 600 $ le mois précédent mais toujours sous le niveau de la fin 2008 et en baisse de - 4,7 % sur un an. * 3ème temps fort du jour, après clôture des bourses en Europe, la Fed a indiqué maintenir ses taux (sans surprise) entre 0-0,25 % pour une longue période et n'a pas dévoilé d'autres mesures anti-crise. Son analyse de la situation économique fait part d'une dégradation qui baisse en intensité en dépit d'une consommation qui fait face à la peur du chômage, à la baisse de la valeur de l'immobilier et à des conditions d'octroi de crédit toujours ressérées. Parmi, les points positifs on notera les signaux de rétablissement de l'activité avec une activité qui évolue de plus en plus en parallèle avec les stocks (Economie : signes concrets de fin de destockage ) La prudence était de mise.
Wall Street n'a visiblement guère apprécié ce statu quo sans mention particulière ou indice sur la suite de la politique monétaire. Un retour dans le rouge s'est effectué dans la foulée et la séance se solde finalement par une clôture en baisse de - 0,28 % à 8 299,86 points. Le S&P 500 ferme en hausse de + 0,65 % toutefois. CAC 40 - Point graphique : double cliquer sur le graphe pour l'agrandir D'un point de vue plus large, les cours s'inscrivent toujours dans le cadre de l'analyse graphique du 19 avril dernier, le support en intraday ci-dessus testé hier et ce matin correspond à la droite oblique baissière long terme inférieure en blanc (accès direct au graphe)
L'indice des directeurs d'achat (PMI) pour l'Euroland a continué à progresser en juin à 44,4, selon les données préliminaires, après 44 en mai mais sous les attentes du marché et avec un chiffre inférieur à 50 qui signifie que l'activité est toujours entrain de se contracter, à un moindre rythme certes mais toujours en baisse. → Par ailleurs, cet indicateur dit 'composite' qui regroupe à la fois les données du secteur manufacturier et des services cache une différence d'évolution entre ces 2 secteurs : . le secteur manufacturier progresse de 40,7 à 42,4 au plus haut depuis 9 mois . mais les services se replient de 44,8 à 44,5, soit 1 point sous les anticipations. L'indice composite français est dans la même situation avec une hausse d'ensemble à 47,7 contre 46,6 mais les services se dégradent de 48,3 à 47,5 au contraire du secteur manufacturier qui se rétablit un peu plus à 45,5 contre 43,3. En Allemagne, l'indice composite a reculé de 44 à 43,4, l'amélioration dans l'industrie (40,5 contre 39,6) étant largement contrebalancée par la baisse du secteur des services (44,3 après 45,2 en mai et 46 attendus, les commandes sont pourtant bien orientées) ** Aux USA, les ventes de logements dans l'ancien pour le mois dernier ont progressé de 2,4 % sur un mois mais sous les attentes. En rythme annuel on observe toujours un replis de - 3,6 %. Les stocks se résorbent un peu à 9,6 mois de ventes contre 10,1. Les prix évoluent aussi un peu plus favorablement à 173 000 $ pour le prix médian contre 166 600 $ précédemment. Ces chiffres restent néanmoins en-deçà de ceux de 2008 avec une baisse de - 16,8 % sur un an (et de - 30,6 % dans l'Ouest, une région qui ne participe pas à l'amélioration en volumes de ce mois avec une nouvelle baisse de - 0,9 % ni à la hausse temporaire du prix médian des logements anciens qui tombe pour la première fois sous les 200 000 $, à comparer avec les 342 700 $ atteints en 2006) Demain, ce sera au tour des ventes de logements dans le neuf toujours pour mai ainsi que les commandes de biens durables. Les opérateurs sont par ailleurs dans l'attente du communiqué de politique monétaire qui sera délivré par la Fed à 20 heures à l'issue d'une réunion de 2 jours qui a démarré tout à l'heure. Le CAC finit mitigé en baisse de - 0,21 % à 3 116,82 points comme le Dow Jones qui cède - 0,20 % à 8 322,30. La question des déficits publics : * Le Trésor américain met aux enchères de nouveau cette semaine des montants importants d'obligations nécessaires au financement du déficit public. La petite baisse d'appétit observée hier sur une échéance à 3 mois ne s'est pas renouvelée aujourd'hui sur une maturité à 2 ans et un montant très conséquent de 40 milliards $. Le taux de couverture (bid/cover ratio) atteint même un record en 2 ans. * En France, le président de la Cour des Comptes a fait une présentation des comptes publics de la nation devant la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. Ce dernier observe "une dégradation sans précédent" avec un déficit public attendu à - 7% du PIB et une dette au-delà des 3/4 du PIB français pour cette année. 4 risques ont été évoqués face à l'approche d'une "zone dangereuse" : - le risque "que la dégradation des finances publiques nourrissent l'inquiétude" - "l'appauvrissement de l'Etat" (avec son corrolaire, la baisse des prestations et services) - l'emballement de la dette : avec "un phénomène d'auto-alimentation (..) sous son propre poids" (charge d'intérêts) - in fine, le risque concernant "la crédibilité de la signature de la France" L'atteinte du cap des 100 % d'endettement par rapport au PIB est néanmoins attendue assez tardivement par rapport à certains pays, en 2018 selon ses prévisions (rappel : dernières prévisions du FMI)
Comme lundi dernier, les marchés actions européens ont assez sévèrement corrigé à la baisse. Le CAC 40 cède - 3,04 % à 3 123 points sous le poids du secteur technologique, de l'industrie, des financières et du secteur pétrolier. Francfort perd également - 3,02 % à 4 693,40 points alors que l'indicateur IFO du climat des affaires a pourtant été publié dans la matinée en amélioration. Le marché a été complètement sourd à cette publication tout comme l'euro qui en général a tendance à se renforcer sur ce types de parution. L'amélioration des perspectives à 6 mois se confirment et la situation actuelle bien que toujours ancrée profondément en récession a connu sa plus forte progression depuis le début de la crise. Source : cesifo-group.de Comme semaine dernière, le marché est assez insensible aux nouvelles et envoie à la baisse de concert marchés actions, euro, financières (- 5,81 % aux USA) et matières premières (- 2,66 % pour le CRB) un peu comme aux pires heures de la crise financière. En contrepartie, le dollar se renforce et les investisseurs vont trouver refuge dans les obligations d'état. √ Il est vrai que le contexte n'était pas très bon compte tenu de la parution du rapport de la Banque mondiale qui a revu ses prévisions de croissance : le PIB mondial est attendu en baisse de -2,9% en 2009, un record, contre une précédente prévision de -2,1%. 2,0% sont escomptés en 2010 et + 3,2% en 2011 à ce stade des évaluations. En ce qui concerne les pays émergents, après 8,7 % de croissance en 2007 et 5,9 % en 2008, le PIB des pays concernés ne progresseraient plus que de + 1,2 % en 2009. En excluant l'Inde et la Chine, une baisse de - 1,6 % est même anticipée pour cette année. + 4,4 % sont attendus ensuite en 2010 et + 5,7 % en 2011. On notera par ailleurs que les émissions d'obligations américaines pourtant à court terme (3 et 6 mois) réalisées ce jour ont remporté moins de succès que lors des mises aux enchères précédentes. A titre d'exemple ci-dessous pour celle à 3 mois à hauteur de 31 milliards $, le taux de couverture (bid/cover ratio) s'est assez nettement affaibli passant de 3,42 semaine dernière à 2,79 cette fois-ci. La demande de la part des investisseurs était donc moins forte. Le Dow Jones perd - 2,35 % à 8 339,01 points et le S&P 500 - 30,6 % à 893,04 points. Demain sont attendus à 16 heures les chiffres de ventes de logements dans l'ancien Outre-Atlantique pour le mois de mai. → Dernières parutions : . Matières premières : tendances long terme hors effets dollar et pétrole . Matières premières - Indice CRB - Analyse graphique depuis 1958